Que d'interrogations en ce soir du 11 Septembre 2009 : après trois semaines d'entraînement seulement, dans quel état de forme physique étaient nos joueurs ? La vieille garde SMB'iste était-elle
psychologiquement prête à prendre sur ses larges épaules la responsabilité de cette première rencontre et à montrer la voie aux jeunes recrues ? Quelles tactique les coachs allaient-ils
mettre au point pour aborder cette nouvelle saison ? Les poussots étaient-ils réellement à l'abri d'une attaque terroristo-footballistique concoctée par une équipe adverse humiliée l'année passée
?
Autant de questions auxquelles cette équipe à présent mythique dans le petit cercle du football amateur s'est employée à apporter des réponses au cours d'un combat épique.
D'autant plus que quelques incertitudes demeuraient : le départ d'Eric C. annoncé lors d'une
soirée ardéchoise arrosée (Tart-le-Haut avait pris contact mais, après une visite médicale lors de laquelle un pied gauche carré a été décelé, les tartois ont préféré le laisser au
grand bonheur du club dijonnais) ; les genoux de Pyj et Bruno , le tendon de
Lolo fraîchement "réparé", les adducteurs douloureux de Bidou, la fin de saison
difficile pour Pat, Luc, Jérôme et JC, les problèmes physiques récurrents de Claude... le moindre grain de sable pouvait gripper ces mécaniques fragiles réglées au millimètre.
1er tiers temps : Peu de surprise quant à la composition de l'équipe à l'entame du match.
Privé une nouvelle fois de son gardien titulaire , le SMB sortait son second couteau, Claude, plus à l'aise dans le tâcle viril que dans
les envolées majestueuses de Phi-Phi Corneloup (norme ISO Bacchus 2009). La charnière centrale, toute en expérience, voyait le retour de
Pyj et la présence inespérée d'Eric C. Aux postes de latéraux, on retrouvait les
hommes en forme de ce début de saison : Bruno à droite et Sylvain à gauche.
JC (sur la sellette après l'arrivéeau club de Fabien)en récupération,
Pat en meneur de jeu, Bidou et Bil en milieux latéraux (milieu peu original, certes, mais qui a à maintes reprises prouvé son efficacité la saison dernière). A la pointe de l'attaque
évoluaient Thierry et Jérôme (la surprise tant ce poste n'est pas "son" poste mais les
coachs avaient choisi de lui faire confiance).
Au coup de sifflet de Ronron, les choses se présentent donc sous les meilleures hospices, d'autant que l'équipe de Plombières semble
fébrile, marquée encore par la cuisante défaite de l'année passée. Mais, contre toute attente et peut-être aussi à cause d'un échauffement bâclé et ponctué de trop de "bavasseries" (aux dires du
président et du DTN !), les plombièrois prennent rapidement l'ascendant dans le combat physique, aidés en cela par de nombreux jeunes (pas vétérans du tout). Bruno, dont le nez coule encore tellement il fut enrhumé en ce début de partie par son vis-à-vis de 40 ans son cadet, a tenu son côté avec sa rigueur habituelle
mais , "quand les jambes sont lourdes, elles sont lourdes" (proverbe du sud-ouest). Malgré les interventions de JC pour combler les trous, on
est en droit de se poser la question de savoir pourquoi les coachs n'ont pas rapidement procédé à un replacement de leur équipe en faisant passer Jérôme "jambes-de-feu", rapidement neutralisé par les défenseurs adverses, à la place de Bruno ! Sylvain,sans doute l'esprit encore tout à la joie de la naissance récente de sa
petite, a du mal à rentrer dans son match. Bref, on a affaire dans les 10 premières minutes à une pâle équipe du SMB balbutiant son football malgré des qualités techniques
individuelles toujours aussi surprenantes mais oubliant que le football est avant tout affaire de collectif.
Il faut attendre la 12ème minute pour que Bil au milieu de 3 adversaires ouvre, dans un éclair de génie, sur JC dans l'axe du terrain : la différence étant faite, il ne reste plus à JC qu'à glisser le ballon à droite
à Bidou (retrouvant alors ses jambes de 20... 30... 35 ans !) qui, sans contrôle, adresse un centre au cordeau sur le même
JC qui a suivi... petit ballon à Jérôme qui, d'un plat du pied astucieux, glisse le
ballon entre le gardien et le poteau. On pense alors que le plus dur est fait mais c'est sans compter sur les coups du sort qui jalonnent le parcours du SMB. 19ème minute, alors que l'équipe
est désormais en place, sur une sortie apparemment anodine, Claude reste à terre : claquage foudroyant ! N'écoutant que son courage,
Bébert enfile les gants de gardien. Mais, cueilli à froid sur le corner qui suit, Bébert relâche le ballon qu'un jeune plombièrois, posté en embuscade, envoie au fond des filets. On pourra toujours polémiquer sur le fait que
Bruno, d'un professionnalisme exemplaire, n'était alors plus sur le terrain, tout à son affaire pour réanimer Claude, et que Ronron, soucieux d'appliquer le réglement, sifflait le coup de pied de coin... Entre le
coeur et la raison, l'arbitre a fait son choix !
Déstabilisés par ce qu'ils ont vécu comme une injustice (Pat à la pause dans les vestiaires : "Enc..... d'arbitre ! Nous, on se
casse le c... sur le terrain pour sortir la tête de l'eau...". Paroles étonnantes pour ce joueur, si fair-play d'ordinnaire, qui trahissent les doutes de son équipe.), les joueurs dijonnais n'y
sont plus ! La sanction ne tarde pas à tomber. A la 25ème minute, une chaude alerte sur un tir des 16 mètres que Bébert dévie d'une main
sûre... à la 27ème minute sur une mésentente de la défense après un centre venu de la droite, un attaquant esseulé crucifie le portier SMB'iste une seconde fois.
Un retour aux vestiaires la tête dans les chaussures pour les dijonnais après un premier tiers-temps décevant et inquiétant quand on pense que Thierry, pourtant actif, n'a touché que 4 ballons, dont un de la main. La parole est aux coachs : (Lolo) "On a bien préparé ce match, tant 'taqueutiquement" que "tekeuteuniquement" mais on est tombé sur une équipe qui nous a bousculé physiquement. On va devoir
se sortir les doigts du ....." (Pyj, plus nuancé) "On est en train de mettre notre jeu en place : le milieu tient le choc, la défense monte
en puissance et on espère beaucoup sur l'entrée de Christophe et Jean-Luc en
pointe."
2ème tiers-temps : Des changements sont opérés : les dijonnais retrouvent leur attaque
mythique avec leurs deux mobylettes Christophe et Jean-Luc. Le milieu de terrain,
pourtant auteur d'une belle prestation au 1er tiers-temps, est remodelé avec l'entrée du technicien Luc ; Pierre prend la place d'Eric C. dans l'axe de la défense, Bébert lattéral droit qui donne les gants à Thierry, atteint physiquement par ses
courses effrénées, passe dans les cages. Une équipe qui "a de la gueule"...
Que dire alors de ce 2ème tiers-temps ? Laissons Bidou nous en parler : "Y'a rien à dire. Ils nous ont marché dessus et en plus on s'est fait
chambré..." Et Luc d'ajouter : "Y z'ont fait que de nous mettre des coups de pieds dans les chevilles... aie." Mais c'est encore
Pyj qui en parle le mieux : "On était en retard sur tous les ballons. On est retombé dans nos travers : manque de hargne, de volonté et de
combattivité. Quand l'adversaire impose du physique, il faut être en mesure physiquement et surtout psychologiquement de relever le défi et surtout montrer qu'on est là. De ce côté, je tire mon
chapeau à la défense et, notamment à Sylvain, extrèmement présent et prenant systématiquement le dessus sur son adversaire direct qui n'a pas
vu le ballon. Pierre a beaucoup apporté avec ses relances propres et son placement juste. Bébert a quant à lui rempli son contrat en neutralisant le côté droit de la défense. Il fallait de l'impact physique et je pense, qu'avec Pierre et JC, dans l'axe, nous avons su mettre le doute dans la tête des attaquants adverses..." Bref,
vous l'aurez compris, la clé de cette 2ème partie de rencontre était dans la défense : maîtriser le ballon derrière pour construire des actions dignes de ce nom. Mais cela est plus facile à dire
qu'à faire et c'était sans compter avec la volonté de l'adversaire d'enfoncer le clou : le milieu de terrain du SMB, bien que plus technique a hésité à "mettre le pied", le petit passage à vide
de Bidou, trop occupé à admirer les talonnades moqueuses des plombièrois et les attaquants mal servis expliquent une nette domination de
l'équipe de la banlieue dijonnaise. Dans ce contexte défavorable, il est alors surprenant de voir revenir au score notre équipe fétiche à la 52ème minute. Sur un coup- franc plein axe à 25
mètres, contre toute attente, Pyj, au lieu de frapper au but, alerte Bidou qui, d'un
gauche bien senti, propulse le ballon dans le cadre, hors de portée du gardien. C'est la marque d'une grande formation et de joueurs d'exception. On se demande encore si Bidou, joueur d'expérience, n'a pas fait exprès de donner l'impression de sortir de son match (il n'a rien voulu dire à ce sujet) pour tromper la
vigilance de Plombières. Toujours est-il que c'est regonflés et sur le score de 2 - 2 que les joueurs des poussots regagnent le vestiaire... après avoir laissé l'orage.
3ème tiers-temps : le tiers-temps de la renaissance ! Après le siècle des lumières, on
pourra inscrire dans l'histoire française le tiers-temps des stars. Retour sur le terrain d'Eric C., de Jérôme et de Bil... et c'est une toute autre équipe dijonnaise qui prend place sur le terrain :
conquérante, combattive et sûre de son jeu. L'espace est quadrillé, les solutions sont offertes au porteur du ballon, le SMB est plus vif, plus technique que son adversaire. Ce qu'ont dit les
coachs à l'entame de ce dernier épisode n'est qu'anecdotique ; ce qui est sûr c'est qu'ils ont mis dans le mille. Personnellement, je pencherais pour un "Faites vous plaisir, les gars !" car, du
plaisir il y en a eu, sans nul doute. A l'image d'un Pyj impérial en défense et de Bil
et Luc, transcendés par l'évènement : Pierre, à la fin du match, disait d'eux "Je ne
les ai jamais vu si présents au milieu du terrain, eux, si détachés de la tâche défensive d'habitude ont annihilé toute tentative adverse à l'approche des 40 mètres. Chapeau bas, messieurs !". Et
c'est logiquement qu'à la 63° minute, sur une ouverture lumineuse d'Eric C., Jean-Luc
expédie la balle dans les filets d'un extérieur pied gauche... est sans contrôle. Et quand nos attaquants se réveillent il reste malheureusement peu de solutions àux adversaires pour endiguer
leurs coups de boutoirs : preuve éclatante à la 71ème minute lorsque Christophe s'empare du ballon, slalome dans la défense pour déposer la
chique dans le petit filet non sans avoir pris soin au passage de poser pour les nombreux photographes au bord du terrain. Il ne reste plus qu'à dérouler, tant les plombièrois, résignés, ont jeté
l'éponge. C'est ce que fait Bil, d'une frappe pure au 16 mètres qui trouve la barre... avant que Luc, astucieusemnt placé, reprenne le ballon sans se poser de question... 5-2 à la 83ème minute : le match est plié ! D'ailleurs, Thierry n'a pas eu grand chose à faire et ce qu'il a fait, il l'a bien fait.
Alors quels enseignements tirer de cette rencontre ? Lolo résume "Je relève 3 temps forts : on observe en se mettant en place puis on
sert les dents et on finit par s'imposer. Je tiens à féliciter mes joueurs car ils n'ont cessé de croire en leur force, même dans les moments les plus difficiles du 2ème tiers-temps. Ils nous ont
régalé au 3ème tiers-temps en prenant l'ascendant physique et psychologique sur une équipe adverse valeureuse, plus jeune mais moins expérimentée. Ce soir, c'est la fierté et la rigueur qui l'ont
emporté. Certes, il reste encore quelques réglages à effectuer pour le prochain match mais cette rencontre laisse présager une saison qui sera haute en couleur. Bon je vous laisse et je vais
me préparer pour le 4ème tiers-temps."
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